Evaluer les alternatives à la castration des porcelets : projet européen IPEMA

L’IFIP et l’INRA  participent pour la France à une action européenne qui évalue les alternatives à la castration des porcelets (immunocastration, élevage de porcs mâles entiers) : quelles sont les situations où ces alternatives semblent difficiles à envisager et celles où elles peuvent être utilisées avec avantage ?  Quel est le cahier des charges pour limiter les inconvénients liées à ces alternatives ?

Le projet IPEMA a aussi pour objectif la dissémination des connaissances sur le sujet, des scientifiques vers les acteurs des filières, les décideurs et le grand public. Il doit réduire les écarts entre pays de l’Est et de l’Ouest de l’Europe, de la prise de conscience des enjeux économiques et sociétaux de l’arrêt de la castration sans anesthésie.

Coordonnée par l'Université de Stuttgart en Allemagne, ce projet mobilise la communauté scientifique internationale intéressée par ce sujet : 85 chercheurs de 24 pays européens et du Canada. Les 6 groupes de travail concernent la génétique, la nutrition, le bien-être et la santé, le contrôle de la qualité des viandes, la transformation des produits et l’acceptabilité par les consommateurs.

Les enjeux sont de maîtriser les caractéristiques des viandes de mâle entier plutôt défavorables : odeurs sexuelles des produits riches en gras cuits à la maison et consommés chaud, faible teneur en gras et insaturation des gras pour les produits secs, moindre tendreté pour les produits frais… 

Il faut aussi maîtriser les comportements défavorables des verrats (agressivité, monte) qui s’expriment d’autant plus qu'ils sont lourds et âgés. L’équilibre avantages/inconvénients des alternatives à la castration est variable. La production de mâles entiers est plus facile dans les filières de production de qualité standard que dans les systèmes extensifs visant une qualité supérieure, à évaluer au cas par cas.

IPEMA va s’élargir pour diversifier ses compétences et sa représentativité. Il est important que les acteurs des filières rejoignent les scientifiques pour que les connaissances acquises par la science soient diffusées mais aussi pour que le retour d’expérience des producteurs, abatteurs et transformateurs engagés dans la démarche bénéficie au plus grand nombre.

L’arrêt de la castration dans les situations où c’est possible et des mesures pour réduire la douleur, amélioreront l’image et la profitabilité de la production porcine.

Contacts : nathalie.quiniou@ifip.asso.fr