La filière porcine en Ukraine : un grand potentiel mais des obstacles substantiels

Boris Duflot et al., 52e Journées de la Recherche Porcine (FRA), 4 et 5 février 2020, Paris, p. 221-226

Entré en vigueur en janvier 2017, l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE vise à faire converger les politiques économiques, les législations et à favoriser les échanges internationaux entre les deux zones. Pour les produits du porc, cet accord entraine une baisse des droits de douanes dans les deux sens entre l’Ukraine et l’UE. Gravement touchée par la peste porcine africaine depuis 2012 et n’ayant pas mis en place les mesures de traçabilité et gestion sanitaire reconnues par l’UE, l’Ukraine n’a pour le moment pas accès au marché européen du porc. Les impacts de cet accord sont donc bien plus faibles pour le marché du porc qu’ils ne le sont dans le secteur des volailles, marché sur lequel l’Ukraine a développé fortement ses exportations vers l’UE. Pourtant la filière porcine ukrainienne se restructure et se modernise avec les mêmes recettes que celles appliquées en aviculture. Comptant en effet sur leurs avantages comparatifs, en particulier le prix des matières premières alimentaires et le coût de la main-d’œuvre, les élevages commerciaux ukrainiens obtiennent des coûts de production du porc en moyenne 10 à 15% plus faibles qu’en France. Les processus historiques, économiques et politiques ont favorisé la croissance d’exploitations de grande taille, liées au sol et qui internalisent peu à peu toutes les étapes de la production et de la transformation du porc. Mais leurs performances et leur rentabilité sont variables et leur développement est pour l’instant largement entravé par l’accès aux exportations, et un marché intérieur très instable et peu dynamique.

ENG

The pig sector in Ukraine: great potential but substantial obstacles

Entered into force in January 2017, the Association Agreement between Ukraine and the European Union (EU) aims to converge economic policies, legislation and promote international trade between the two zones. For pork products, this agreement results in a two-way reduction of customs duties between Ukraine and the EU. Seriously affected by African Swine Fever since 2012 and not implementing EU-recognized traceability and health management measures, Ukraine does not currently have access to the EU pork market. The impacts of this agreement are therefore much lower for the pork market than they are in the poultry sector, for which Ukraine has strongly developed its exports to the EU. Nonetheless, the Ukrainian pork industry is restructuring and modernizing using the same approaches that were applied to poultry farming. Indeed, given their comparative advantages, especially the lower price of raw materials and cost of labour, Ukrainian commercial farms can achieve pork production costs 10- 15% lower, on average, than those in France. Historical, economic and political processes have favoured the growth of large, landbased farms that are gradually internalizing all stages of pork production and meat processing. However, their performance and profitability vary, and their development is currently greatly hampered by lack of access to exports and an unstable and weak domestic market.