Les OSP françaises réaffirment leur volonté d'unir leurs forces dans un nouveau travail collectif ...

Bioporc, association des Organisations de Sélection Porcine (OSP) françaises et de l’IFIP avait, lors de sa création en 2003, pour objet principal la mise en place de technologies de génétique moléculaire, de sélection assistée par marqueurs, puis de génomique dans les schémas de sélection porcin français. Le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) AGENAE dont Bioporc était membre visait ce même objectif à l’échelle multiespèces. Au cours de 15 ans d’activité et de nombreux programmes de recherche, certaines biotechnologies sont en application dans les schémas porcins. Aujourd’hui, l’évolution du contexte, à la fois en termes technologiques mais aussi en termes de positionnement de la sélection animale et des produits animaux dans la société, amène à repositionner les objectifs des OSP en matière de recherche. Plus globalement, l’organisation de la recherche en France évolue également. Le GIS AGENAE disparaît et intègre le GIS AVENIR ELEVAGE. En parallèle à la mise en place de ce nouveau lieu de réflexions, de nouveaux modes de fonctionnement et de financement devront être imaginés. Les OSP françaises souhaitent donc, face à ces nouveaux enjeux, unir leurs forces dans une nouvelle collaboration pour travailler ensemble à l’évolution de leurs méthodes et des objectifs assignés à leurs populations en sélection.

De nouveaux défis technologiques

Trois grands défis technologiques émergent depuis peu :

• Le premier défi concerne directement la mesure des performances des animaux. Les Organisations de Sélection ont récemment développé de grandes capacités de phénotypage de précision. D’autres modalités de phénotypage vont émerger encore. La gestion et la valorisation de ces nouvelles données, même sans les coupler à des données moléculaires, est clairement un premier enjeu pour la filière.

• Un deuxième défi touche plus directement les méthodes, les outils et l’obtention de données à l’échelle génétique : de très nombreuses données moléculaires sont maintenant disponibles et peuvent être obtenues à différents niveaux, génome, épigénome, transcriptome…. Ces méthodes continuent leur développement et leur coût est en diminution. L’utilisation conjointe d’informations nouvelles à l’échelle moléculaire (génétique, épigénétique, métagénomique…) et d’informations de phénotypage toujours plus nombreuses sera nécessairement un défi futur.

Enfin, de nouvelles techniques de manipulation du génome sont susceptibles de bousculer notre perception des méthodes de sélection. L’émergence de ces ‘New Breeding Techniques’, en particuliers de nouvelles technologies de manipulation du génome, comme l’édition de gène, à la frontière entre la transgénèse, la mutation dirigée, et la sélection « naturelle », nous oblige à revisiter nos possibilités d’utilisation de technologies de sélection. En interaction avec l’utilisation de ces technologies, la prise en compte du contexte environnemental, sanitaire, social mouvant est également essentielle. Les manipulations éventuelles du génome ne seront utilisables, sous réserve de la démonstration de leur intérêt, de leur innocuité et d’une acceptation par la société, que si les connaissances sur le déterminisme des caractères progressent.

De nouvelles attentes de la Société

En effet, parallèlement à ces nouvelles technologies, le contexte dans lequel la production porcine doit imaginer son avenir change : baisse de la consommation de viande, pression écologique, pression sur les conditions de production, prise en compte accrue du bien-être animal (arrêt de la castration), réduction de l’usage des antibiotiques, … sans oublier les questions d’éthique. Le travail de recherche à conduire dans les schémas de sélection doit impérativement prendre en compte ces attentes. Attentes qui peuvent être par ailleurs diverses entre la France et d’autre pays d’Europe, entre l’Europe et d’autres continents. Des attentes sociétales sont d’ores et déjà intégrées dans les programmes de recherche AROME et NoCast. L’objectif de ces projets complémentaires est de mettre en oeuvre en Landrace une sélection génomique contre l’odeur de mâle entier sans détériorer la fonction de reproduction des truies et des verrats.

En conséquence

Les OSP membres de l’association ont décidé d’élargir le champ des travaux de recherche au-delà la génomique pour répondre aux attentes d’un élevage durable. L’objectif de l’Association sera donc d’investiguer, dans ce nouveau contexte, la meilleure réponse génétique et technologique. Toutes les méthodes étant a priori acceptables avant d’avoir été étudiées, qu’elles soient conventionnelles ou non encore utilisées. En effet, les questionnements qui ne manquent pas face à ce nouveau contexte peuvent nous conduire à la fois vers des chemins totalement nouveaux mais aussi nous recentrer sur des pratiques ou objectifs au contraire plus anciens ou jugés mieux adaptés au temps présent et futur. Il convient donc de massifier et diversifier ensemble notre action de recherche commune. Nous regroupons sous une seule bannière les acteurs majeurs de la sélection porcine française et l’Institut Technique de la filière porcine. Nous proposons à l’INRA et à d’autres interlocuteurs potentiels de recherche, une vision partagée et unifiée de nos questions, de nos programmes, une vision élargie par rapport à la situation initiale de l’association Bioporc. 

Pour réaffirmer la volonté des OSP à partager ensemble cette vision et des programmes de R&D, l’association a été rebaptisée ALLIANCE R&D. Ce sera ainsi le lieu de concertation pour l’innovation durable en génétique porcine, le lieu d’orientation de la recherche française en génétique porcine, un lieu de décision et de proposition devant nous guider sur les grands axes de demain.

Conférence de Presse du Vendredi 19/01/2018 (IFIP Le Rheu). Contact : joel.bidanel@ifip.asso.fr