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Raisonner l’alimentation des truies pour maximiser leurs performances à la mise bas et leur longévité

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07/07/2026 17:01 | Articles Il y a 1 jour

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Article publié dans ‘Les Cahiers de l’IFIP’, La revue R&D de la filière porcine française.

La maîtrise de l’état des réserves des truies à la mise bas est l’un des objectifs majeurs de la conduite alimentaire pendant la gestation. Elle conditionne la qualité de la portée à la naissance, le déroulement de la mise bas, la capacité à maintenir une production laitière élevée jusqu’au sevrage et d’une façon générale la longévité.

La quantité totale d’aliment distribuée pendant cette phase doit permettre d’atteindre un niveau de réserves suffisant (qui soit mobilisable après la mise bas en
vue de tirer profit du potentiel laitier de la truie) mais pas excessif (pour éviter les complications de mise bas et de montée en consommation). Elle doit ensuite être répartie sur la gestation en raisonnant la ration à apporter quotidiennement avec un plan d’alimentation de façon à tenir compte de la dynamique de l’évolution des besoins nutritionnels au cours de cette phase du cycle.

Pendant les deux premiers tiers de la gestation, il s’agit d’accompagner encore la croissance de la truie et la récupération des réserves qu’elle a mobilisées pendant la lactation qui précède, tandis que le dernier tiers doit privilégier des apports qui satisfont les besoins associé à la croissance foetale. Ces derniers augmentent différemment selon le nutriment considéré, et de façon exacerbée par l’augmentation continue de la prolificité depuis 30 ans. Il y a 20 ans, celle-ci a déjà conduit à remettre en question les plans constants et à prôner des plans dit « en U ».

Aujourd’hui la mise en oeuvre d’une alimentation par phase est à encourager pour moduler non seulement la quantité mais aussi la qualité de l’aliment pour des apports spécifiques en acides aminés, minéraux, fibres en parallèle de l’énergie. C’est déjà une pratique initiée par l’utilisation d’un aliment péripartum.

Pendant la lactation, l’enjeu majeur est de réussir à faire consommer la truie pour contribuer à l’expression d’un potentiel laitier élevé pour sevrer des porcelets
lourds, avec d’autant plus de chances de sevrage réussi qu’ils sont petits à la naissance, en évitant une fonte excessive de ses réserves, fonte susceptible de pénaliser ses performances de reproduction ultérieures et la longévité notamment quand c’est le muscle qui est touché.

Au début des années 90, le défi était de s’équiper avec des silos permettant d’utiliser deux aliments (gestation / lactation) au lieu de l’aliment unique.

Le temps semble venu de poursuivre la réflexion vers plus de deux phases pour exploiter le potentiel de production toujours plus élevé des truies tout en veillant à l’efficacité d’utilisation des ressources et à un impact environnemental maîtrisé.

Au sommaire

Des truies toujours plus productives

  • Truies hyperprolifiques d’hier et d’aujourd’hui
  • Lien entre niveau de performance de gestation et besoins nutritionnels
  • Des truies plus lourdes
  • Des portées plus grandes et plus lourdes à la naissance

Raisonner les apports d’aliment pendant la gestation
Combien ?

  • Un apport de kg qui dépend de la teneur en énergie de l’aliment
  • Des objectifs d’état de la truie à la mise-bas

Des apports d’aliments adaptés

Quand ?

  • Phases 4 et 5 : une ration pour assurer la croissance foetale
  • Phases 1 et 2 : une ration pour commencer à récupérer les réserves
  • Phase 3

Quoi ?

  • Après le sevrage
  • Pendant la gestation
  • En péripartum

Ce que nous ont appris les truies hyperprolifiques rapidement après leur arrivée dans les élevages, c’est que les différentes phases du cycle de reproduction ne peuvent être considérées de façon indépendante : les choix appliqués à l’instant t résonnent pendant la phase suivante voire sur toute la carrière. Beaucoup d’importance a été accordée à la conduite à court terme de la truie autour de la mise bas et pendant la lactation pour que les mises bas soient faciles, l’appétit et la production de lait élevés.

Alors que la prolificité continue à augmenter et que des lignées de truies différentes (maigres) apparaissent, il apparaît aujourd’hui indispensable d’accorder à la conduite de la gestation toute l’importance qu’elle mérite.

De la même façon que l’on ne conduit pas un bolide comme une guimbarde, on n’alimente pas les truies d’aujourd’hui comme celles d’hier. De la finesse est nécessaire pour tirer avantage de leurs atouts le plus efficacement et le plus longtemps possible.

Des systèmes d’alimentation existent déjà qui permettent des apports alimentaires précis tant en quantité qu’en qualité.

Le développement d’automates de mesure du poids (disponible) et de l’ELD (en cours) permet(tra) d’approvisionner des outils pour aider à décider de la conduite alimentaire à appliquer de la façon la plus pertinente possible à la truie ou au groupe de truies, avec la difficulté qu’il sera toujours nécessaire de trouver des compromis entre la formulation théorique d’objectifs et leur application pragmatique qui diffère d’un élevage à l’autre.

Pages De Cahier N1 V11 2026 Quiniou

Auteur

Quiniou

Docteur Ingénieure, PhD - Experte en nutrition animale

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