En février, les cours des matières premières ont retrouvé un certain soutien, dans un contexte marqué par des incertitudes climatiques et géopolitiques. Si les fondamentaux demeurent lourds, les tensions internationales persistantes et les premiers retours de terrain sur la prochaine campagne limitent le potentiel de repli.
Céréales : Les cours peinent à s’orienter franchement
Sur le marché européen, le blé s’est échangé à 192,8 €/t en février, contre 190,1 €/t en janvier. Cette progression résulte de multiples facteurs. D’une part, le recul de la parité euro/dollar, en améliorant la compétitivité des origines européennes, a tiré les cours à la hausse. D’autre part, la montée des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran a suscité une hausse des prix du pétrole et des matières premières. Enfin, des incertitudes apparaissent sur les conditions de culture et de récolte, avec un excès de précipitations en Europe de l’Ouest et un déficit hydrique en Argentine et aux Etats-Unis. En France, l’état des cultures de blé s’est dégradé en cours du mois selon FranceAgriMer : 88 % en état « bon à excellent » au 26 février contre 91 % en début de mois.
Du côté du maïs, les cours européens restent stables, à 192,4 €/t contre 191,1 €/t en janvier. Aux Etats-Unis, les prix retrouvent du soutien après le repli consécutif au dernier rapport de l’USDA. L’activité à l’export se maintient et les perspectives pour la production d’éthanol sont favorables. Par ailleurs, le recul attendu des surfaces consacrées au maïs pour la prochaine campagne (-4,8 % / 2025) contribue également à soutenir les cours.
Matières azotées : progression des cours sur fond d’incertitudes
Sur le marché américain, les cours du complexe soja prolongent la dynamique haussière engagée depuis mi-janvier. Cette progression s’explique par la dégradation des conditions de culture en Argentine, l’augmentation attendue de la trituration aux Etats-Unis, ainsi que la hausse des cours du pétrole.
Les opérateurs américains demeurent par ailleurs confiants quant au maintien des exportations de soja vers la Chine. Si les dernières semaines ont en effet été plutôt rassurantes pour les exportateurs américains, la décision de la Cour Suprême d’annuler les droits de douane mis en place par l’administration Trump vient rebattre les cartes. Dans ces conditions, les analystes s’interrogent sur la durabilité des importations chinoises, d’autant que Pékin a annoncé dans son “Document central n° 1”, sa volonté d’accroître sa production de soja. En toile de fond, l’avancée de la récolte brésilienne et les volumes à venir sur les marchés contribuent à contenir l’ampleur de la hausse. Letourteau de soja s’est ainsi échangé à 284,8 €/t sur le marché américain, soit + 3,1 % par rapport à janvier mais un repli de 7,7 % par rapport à l’an passé.
Les cours du colza ont, de leur côté, progressé de 3,0 % en un mois pour atteindre 486,5 €/t sur Euronext. Ils ont évolué sous l’influence des prix du soja mais aussi des huiles, qui sont restées fermes ces dernières semaines. Les opérateurs sont également attentifs aux conditions météorologiques, notamment aux fortes précipitations observées dans l’ouest de l’Europe. Sur le marché français, le tourteau de colza a enregistré une nette hausse (+19,2 % en un mois), atteignant son plus haut niveau depuis avril dernier.
Prix des matières premières en février 2026 en France en €/t
| Prix Février 2026 | Moyenne (€/t) | % en 1 mois |
|---|---|---|
| Blé Eure et Loir | 178,3 | + 1,1 |
| Blé Ille et Vilaine | 187,3 | + 1,6 |
| Orge Eure et Loir | 185,9 | + 0,9 |
| Maïs Eure et Loir | 177,6 | + 0,7 |
| Maïs Ille et Vilaine | 190,4 | + 1,0 |
| Pois Eure et Loir | 226,1 | – 0,3 |
| Tourteau Soja Montoir | 343,3 | + 2,0 |
| Tourteau Colza Montoir | 289,3 | + 19,2 |
| Tourteau Tournesol Lorient | 266,5 | + 0,8 |
| Graine colza Nord | 479,9 | + 4,8 |
| Son fin région parisienne | 145,0 | + 2,4 |
| Aliment tous porcs 1 | 313 | -0,9 |
| Aliment IFIP 1 | 294 | -1,0 |
Aliment tous animaux dans les élevages NE estimé par la GTE
1 Données du mois précédent
Tendances pour les mois à venir
Dans les semaines à venir, les opérateurs suivront de très près l’évolution des conditions de culture, lesquelles devraient peser de plus en plus dans la formation des prix. Par ailleurs, les conditions d’exportation depuis le bassin de la mer Noire devraient s’améliorer. Actuellement freinées par la météo, elles pourraient se normaliser, renforçant la concurrence à l’export.