La station nationale porcine de Romillé investit pour la R&D de demain

Au fil des années, la station s'est continuellement adaptée afin de répondre toujours mieux aux enjeux de la filière mais un projet d’évolution engageant des modifications structurelles plus lourdes s’avérait nécessaire. L’IFIP a donc décidé de réinvestir pour moderniser l’un de ses outils majeurs pour ses travaux de recherche appliquée et de conforter aussi le modèle économique de l’unité en valorisant et rentabilisant mieux son exploitation. Le projet a été soumis aux instances décisionnelles de l’Ifip et un groupe de travail professionnel a été constitué pour exprimer un avis sur le projet et ses priorités.

Inaugurée en 1998, la station expérimentale porcine de Romillé est au service de la filière porcine depuis plus de 20 ans. Avec un élevage naisseur-engraisseur partiel de 205 truies présentes, la station dispose aujourd’hui pour les truies, de 48 places de maternité conventionnelles, 56 places de truies gestantes en petites cases de 6 truies et 78 places de truies gestantes en groupe dynamique alimentées par un DAC-prototype multi-aliments. Pour les animaux en croissance, l’outil dispose de 6 salles de post-sevrage et 15 salles d’engraissement (dont 3 sont sur litière accumulée). Chaque année il s’y déroule pas moins de 20 essais différents ce qui représente plus de 300 truies, près de 2 000 porcelets et plus de 2 000 porcs charcutiers mobilisés dans des plans expérimentaux par an. Les essais couvrent des sujets très variés, depuis le test d’une nouvelle stratégie alimentaire jusqu’à l’évaluation de la consommation d’énergie d’un ventilateur, en passant par des projets relatifs à la reproduction, la santé, le bien-être animal... 

1 - Mieux répondre à 3 enjeux de la filière porcine : le bien-être animal, la biosécurité et l'environnement

En 20 ans d’existence, les enjeux posés à la station ont évolué, dans les sujets à traiter et la manière de les appréhender. L’unité pour truies gestantes avait déjà fait l’objet d’une restructuration en 2013 lors de la mise aux normes bien-être.

  • L'un des objectifs importants de la rénovation actuelle est la refonte des 48 places de maternités pour traiter de nouvelles problématiques comme celle des truies en liberté. Ces nouvelles maternités proposent des niches pour porcelets, des cages balances et des cases «liberté» ajustables selon le besoin des travaux de recherche. 
  • Un objectif prioritaire est le renforcement de la biosécurité de l’unité. Une refonte du sas d’entrée et du bloc sanitaire (avec une implantation des douches pour garantir une situation sanitaire exemplaire) permettra ainsi de garantir une marche en avant sans faille et un accès différencié entre le naissage et l’engraissement. Un sas de fumigation assurera la désinfection du matériel entrant sur la station. Enfin, une nouvelle infirmerie plus fonctionnelle sera disponible pour les animaux en croissance. 
  • La question environnementale reste un enjeu clé : le projet inclut la construction de deux salles d’engraissement jumelles dont l’une est équipée d’un raclage en « V » et l’autre d’une pré-fosse standard. Un laveur d’air permettra de poursuivre les travaux sur les coûts et performances de ces technologies.

2 - Explorer l’alimentation de précision

L’alimentation des porcs reste un élément central des travaux de R&D de l’IFIP. Or les connaissances et les technologies évoluent. Pour garantir l’excellence dans les essais que conduit l’IFIP, un nouveau système d’alimentation par transfert pneumatique équipera la totalité de la station en garantissant à la fois une fiabilité et une bonne précision (20 g) sur l’ensemble des 256 points de livraison de la station. Les truies gestantes logées en petites cases disposent d’un doseur connecté enregistrant l’heure et la quantité d’aliment consommée. Les cases de maternité sont pourvues d’un système de distribution d’aliment automatisé permettant l’alimentation de précision (mélange de plusieurs aliments).  Enfin, deux nouveaux silos de stockage de grande capacité viendront compléter les 38 déjà en place.

3 - Et aussi, mieux rentabiliser la station : Une station expérimentale est, par nature, beaucoup plus coûteuse qu’un élevage conventionnel. Afin d’améliorer la rentabilité de l’exploitation, elle engraissera la totalité des porcelets produits grâce à la construction d’un nouveau bâtiment de 320 places de post-sevrage et 576 places d’engraissement. Les évolutions sur la biosécurité sont aussi de nature à améliorer les résultats techniques et économiques.   

Co-Financement : IFIP et Région Bretagne

Contact : Eric.gault@ifip.asso.fr

Vue générale de la station avec en couleurs, les évolutions prévues