Réduire la teneur en protéines des aliments de sevrage : une alternative à l’usage des antibiotiques ?

La réduction de la teneur en protéines de l’aliment sevrage est le premier critère avancé pour réduire l’incidence de pathologies digestives fréquentes dans les jours qui suivent le sevrage. Compte tenu des récents travaux menés sur les besoins en acides aminés, l’Ifip a fait le point des capacités de réduction des taux de protéines des aliments de sevrage offertes aujourd’hui. Des essais ont été réalisés afin d’évaluer les besoins en lysine digestible du porcelet au sevrage et d’observer les conséquences des modifications du régime azoté au moment du sevrage sur les performances en fin de post-sevrage. Une réduction des performances de croissance des animaux dans la période de sevrage, due à un apport protéique restreint, peut être acceptable s’il permet un arrêt de l’usage des antibiotiques et se révèle sans incidence forte sur les performances ultérieures.  

Les résultats de l'IFIP indiquent que la réduction de la teneur en protéines des aliments en période de 1er âge dans le but de réduire l’usage de l’antibiothérapie est possible. Elle se traduit par une baisse d’efficacité alimentaire accompagnée ou pas de celle de la vitesse de croissance. Ces diminutions de performances sont amoindries, voire annulées à l’échelle de la totalité du post-sevrage, des compensations de performances pouvant apparaître après la période de 1er âge. Dans les conditions de disponibilité des matières premières actuelles, un taux de protéines de l’aliment 1er âge de 17 % est envisageable à la condition de retenir un ratio lysine/énergie inférieur à 1,1 g de lysine digestible par MJ EN. Après la phase d’adaptation consécutive au sevrage, il faut mettre les animaux dans des conditions de production non limitantes en termes de conduites d’élevage et alimentaire. Il faut donc aussi tenir compte des valeurs nutritionnelles de l’aliment 2ème âge pour que cette réduction de la teneur en protéines de l’aliment 1er âge soit réalisable. L’incorporation de matières premières concentrées en protéines et de haute qualité sur le plan nutritionnel est plutôt à réserver aux bonnes conditions d’élevage. Lorsque les conditions sanitaires d’élevage sont dégradées, ces sources de protéines sont de moindre intérêt.

Cette étude a été réalisée grâce au soutien financier du Programme National de Développement Agricole et Rural, de INAPORC, de FranceAgriMer, du Ministère en charge de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

Contact : didier.gaudre@ifip.asso.fr